Le problème de départ
L'essentiel de la production agricole qui quitte le pays passe entre plusieurs mains avant d'atteindre un port. Un collecteur achète aux producteurs, un agrégateur achète aux collecteurs, un exportateur achète à l'agrégateur. Chaque étape ajoute une marge et retire de l'information : à la fin, plus personne ne sait de quel village vient un lot.
Il existe un second coût, plus discret. Quand la chaîne est longue, le signal de prix qui parvient à celui qui a ramassé la récolte est faible et tardif. On lui annonce ce qu'il touchera au lieu d'en convenir, et il l'apprend au moment de vendre plutôt qu'avant la saison. Ce n'est pas durable au sens le plus simple : les gens cessent un travail dont la rémunération est imprévisible.
C'est un problème commercial, pas seulement moral. Un acheteur européen qui ne peut pas tracer une expédition ne peut rien en affirmer, et une expédition qui échoue à un test ne peut pas être ramenée au lot fautif. Ce que nous contrôlons, et pourquoi.


